Archive for the Book Category

Ma semaine littéraire. #3.

Posted in Book on 4 décembre 2008 by Olivier

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Bon j’arrive juste, je suis crevé mais bon, une semaine littéraire ça ne se loupe pas. Donc voilà l’objet du jour : un Georges Orwell inédit ! Bien sûr tout le monde connait 1984 et la Ferme des animaux, donc l’arrivée de cet opus reste une sacrée surprise (étonnant toutefois que cet ovnis ressorte des cartons 73 ans après son écriture…). La quatrième de couv de Une fille de pasteur évoque un Siddharta à l’envers. Bon, en cherchant bien, peut être. La mystique en moins. Non, franchement c’est surtout la violence d’une société impitoyable qui est parfaitement décrite… et cruellement d’actualité. Et c’est bien toute l’horreur visionnaire d’Orwell : être un moderne intemporel. Bref, ce livre n’a pas pris une ride (sauf peut être pour quelques aspects sociétaux qui, aujourd’hui, peuvent nous paraître un tantinet désuets). Pour preuve, en sortant tard du taf avant hier, je me suis retrouvé dans une scène de plus en plus fréquente : une place non loin du bureau était pleine à craquer de sans abris attendant leur bol de soupe dans un froid polaire. Et je crois bien avoir aperçu Dorothy…

Ma semaine littéraire. #2.

Posted in Book on 3 décembre 2008 by Olivier

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Un massacre, trois destinées. Voilà un livre étrange, au style un peu moins cursif que ceux que je lis d’habitude, mais qui pose de manière originale la relation à l’autre, et plus particulièrement ses proches. Au travers du prisme de ces meutres violents, chacun des protagonistes passe au microscope ses propres sentiments, ses doutes et son incompréhension du monde qui l’entoure. J’ai retrouvé dans Outside Valentine des fragments assez proches de De sang froid de Truman Capote. Donc…

Ma semaine littéraire. #1

Posted in Book on 2 décembre 2008 by Olivier

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Je suis grave à la bourre. Point de surf ici. En fait, ça fait un bail que je n’ai rien posté côté livres. Et comme je passe mon temps à Paris et que le WE le surf reste pitoyable (il doit y a voir une fatwa météorologique à mon encontre lorsque je suis sur BDX), je lis pas mal. J’ai donc décidé de faire ma semaine littéraire. Un jour (ouvré), un post. Bon j’avoue la semaine commence mal, je l’ai dit : je suis à la bourre. Je finirai donc sans doute samedi…

Bref, je débute par L’homme chauve-souris de Jo Nesbo. Voilà un polar qui ne manque pas de jus. Dès la couv, et pour les connaisseurs de peinture aborigène, on sait que l’on va se retrouver « la tête en bas », chez nos amis du bout du monde. Et ma foi, ce Jo, ancien journaliste économique (heuuuu, rien n’est jamais perdu) arrive à nous tenir en haleine. Certes, il s’agit d’un polar, mais suffisamment malin pour nous délivrer quelques subtiles informations sur le mode de pensée aborigène et la mythologie locale (ola rien d’hyper transcendant mais assez instructif) et sur l’australie elle-même. Quand on rêve d’un trip là-bas (et plus si afinité), cet opus tombe plutôt bien. Franchement : à lire !

ps : coup de blues… Je suis retombé sur cette vieillerie et mazette ça fait du bien ! Woah, these fuckin’ Aussies are too good.

Tir groupé

Posted in Book on 28 septembre 2008 by Olivier

Une de plus. Pour fêter ça, j’ai reçu un petit cadeau de mon fiston : « Comment j’ai mangé mon père ». Arf, normal non ? Qui a dit « à cause de la similarité avec la face de pithécanthrope de la couverture » ? Bref, je ne relèverai pas. Ce livre de Roy Lewis, qui est un tout petit peu plus vieux que moi, est une pure perle. J’avais vu ce titre depuis un bail, sans le consommer car il me faisait penser à un délire psycho-jungien ou quelque chose dans le genre. Et bien non, point du tout. Le principe est simple : la préhistoire est ici décrite sur la base de faits assez « scientifiques » MAIS dans un contexte totalement loufoque, les protagonistes échangeant des propos parfaitement modernistes dans un langage plus que soutenu. Un véritable décalage donc… Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est la lecture que l’on peut en faire à la lumière des événements actuels. Très, très, très intéressant. Un véritable petit bijou que cet opus de 48 ans.

Dans un tout autre registre, j’ai eu l’occasion de découvrir Ben Elton, auteur anglais fort renommé outre-Manche. Et ce que j’aime chez ces outre-manchais (manchois ? mancheux ? manchots ?), c’est leur humour grinçant. Et là, on est servi. D’abord avec « Nuit grave », dont l’ambiance est très Sex and Drugs and Rock ‘n Roll (et politique). En deux mots : un député londonien rêve de faire péter la baraque (politique) en légalisant toutes les drogues humainement imaginables. Et ma foi, si le bougre n’avait pas été trop porté sur la braguette…

Le second, « Devine qui vient mourir ce soir » est une satire à boulet rouge (je sais je sais…) sur l’empire Endemolien qui oeuvre dans la petite lucarne. En gros, il taille joyeusement des croupières à toutes ces conneries d’emissions mi-laborantines, mi-voyeuristes qu’on impose aux yeux de nos gosses (au mieux ou au pire, je ne sais plus). Un vrai cassage de gueule en règle. C’est sur, ça ne change pas la face du monde (il suffit de voir les taux d’audience ou les couvs de la press people) mais bon, un bras vengeur bien plumé a toujours le mérite de nous dire que rien n’est définitivement perdu.

Un beau prétexte

Posted in Book on 1 septembre 2008 by Olivier

La semaine dernière, à la fin d’une journée duraille et au début d’une soirée aux perspectives tristouille, je me suis auto-propulsé dans une grande chaîne de distribution culturelle* afin de trouver un bouquin. Me voici donc à hésiter devant une ribambelle d’ouvrages lorsque je tombe sur Guide de Mongolie de Svetislav Basara. La quatrième de couv laissait présager un bon moment de rigolade. Et je n’ai pas été déçu. Mais ce que n’indiquait pas le résumé du livre (ou mal en tout cas) c’est la profondeur du bonhomme. Car ce voyage en Mongolie n’est finalement qu’un pretexte – un rêve, officiellement selon l’auteur – qui nous conduit directement dans la chambre de Basara afin d’y découvrir une vision totalement cynique de notre univers, à la limite d’un Cioran dans ses pires – meilleurs ? – moments. De façon détournée et banale, un peu comme dans Les ïles de Jean Grenier (que je ne conseillerais jamais assez), Basara nous embarque dans une histoire, ou un délire pour être plus précis dans ce cas, qui nous force à voir au delà des choses. Une très très bonne surprise.

PS : La maison d’édition a poussé le bouchon un peu loin avec Guide de Mongolie. L’opus qui ne fait que 128 pages est vendu au même tarif que ceux dépassant allègrement le quadruple. Tant mieux pour Basara (qui verra ainsi augmenter de façon substantielle ses royalties. Il les mérite plus que largement) mais mince, il est difficile de comprendre ce ratio “poids papier/prix” légèrement abusif.

* Dans la mesure du possible, je m’efforce de ne jamais citer les noms ou les marques d’entreprises. Je ne tiens aucunement à faire de la publicité pour des groupes qui nous imposent déjà plusieurs centaines de fois par jour leur logo et leur nom. Je trouve passablement dingue le fait que beaucoup continuent à payer, par exemple, des TShirts ou autres produits pseudo branchés à des prix exorbitants, et qu’en plus ils assument avec joie un rôle d’homme sandwich (dans je cas, j’accepte volontier d’être gratieusement équipé). Je sais que le retour à la notion de tribu est une valeur forte dans une période où la notion d’individu s’estompe, mais tout de même, il y a des limites.

Back to the 60’s

Posted in Book, Dream, Matos on 11 août 2008 by Olivier
Crédit Photo LeRoy Grannis

Crédit Photo LeRoy Grannis

En me baladant dans Bordeaux ce WE (après deux coups de surf bof bof vendredi et samedi), je suis tombé sur la couverture d’un bouquin qui me laisse rêveur : Surf Photography of the 1960s and 1970s, signé par un des géants du surf, à savoir Leroy Grannis. Outre la qualité des photographies elles mêmes, je suis resté en extase devant les shapes utilisés à cette époque. Cet ouvrage regorge de pistes supplémentaires concernant le jouet que je compte faire fabriquer bientôt… Je suis en admiration totale devant la pureté du shape rouge au centre de la photo ci-dessus de LeRoy Grannis. D’ailleurs, il me semble, ce shape n’est pas sans me rappeler l’Albatroz de Barrel dont je parlais il y a quelque temps… Hmm, Hmm.

La démence, tout simplement

Posted in Book on 22 juillet 2008 by Olivier

En quête de nouvelles pages à avaler, je suis tombé sur Will Self. Comme souvent, le hasard fait bien les choses. Voilà un écrivain anglais dont l’approche littéraire tourne quasiment à l’obsession monothématique. Et quelle obsession puisque le coeur de ses livres tourne autour du sujet plutôt étonnant de la psychiatrie (surprenant en tout cas dans le domaine de la fiction). Et qui dit psychiatrie, bien entendu, laisse penser à démence. Il faut bien l’avouer, la lecture des textes de Will Self étonne par son subtile mélange de verbiage psycho-parano-hallucinatoire (option valium, tranxene, nabutane, yogourth, acide) et d’immense humour briton. Rien à dire, on sort de là un tantinet désarçonné et, la plupart du temps, bien mort de rire. La théorie quantitative de la démence (deuxième opus du gonze que je lis après Dr Mukti, fort drôle lui aussi) est une sorte de voyage improbable au travers de six nouvelles psychiatriquement déficientes. Le plus drôle dans tout ça est la critique latente de notre société et, en particulier, des administrations qui la gouvernent. Imaginez simplement un David Lodge en plus acide, et vous aurez une idée de la plaisanterie. Allez, rien que pour donner le ton, sans rien dévoiler non plus de ces intrigues dignes d’un Dr Hoffman, quelques “Choix bibliographiques” cités par l’auteur en fin de nouvelle délirante :
– Ford, H., “De la nécessité d’enseigner le ring dancing aux agents de change”, Pratical Mental Health, janvier 1975.
– Harley, A., “Chamanisme et avenir du soja”, Word Bank Research Briefs, septembre 1979.
– Husrt, P., “Onychophagie à Bournemouth contre énurésie nocturne à Poole : action et amélioration”, Journal of Psychology, mars 1976.

Le ton est donné…

Chuck, you’re the best !

Posted in Book on 20 juin 2008 by Olivier

J’ai décidé de reprendre un petit exercice que je n’avait pas mené depuis presque 13 ans, quand les blogs s’appellaient encore les « sites perso » (opération HTML en mode notepad pour les nostalgiques…). Me voici donc relancé dans quelques critiques de livres. Je voyage beaucoup (rien de très Jet Set la dedans, c’est la plupart du temps entre Bdx et Paris), donc, quand je ne bosse pas dans le train, je lis. Et puis il y a aussi la punition du métro. Bref, j’ai la chance de pouvoir encore lire un peu, beaucoup. D’aucuns diront : « OK, mais quel rapport avec le surf ?« . Ben, aucun, je fais ce que je veux. Et puis zut, on a le droit de surfer ET de lire (surtout comme quand en ce moment on lit bien plus que l’on ne surf).

Je commence donc par Chuck Palahniuk. Inutile de remonter la biblio complète du gus que tout le monde connait pour son Fight Club, très joliment mis en scène par le redoutable David Fincher… Je ne vais donc pas m’étendre sur Monstres invisibles (super), Berceuse (dément), Survivant (la claque) ou encore Choke (la grosse claque qui sort bientôt au cinéma). Non, cette fois je viens de terminer A l’estomac qui, une fois encore, boulverse un tantinet la tradition littéraire. Je dois avouer que cet opus de Palahniuk est le plus déroutant (une vraie prouesse). Le passage de la chute d’organes est purement dingue… Outre la particularité structurelle du livre (une alternance de poèmes, de nouvelles écrites par les personnages du livre et l’histoire elle même) et son écriture crue et quasi médicale, cet ouvrage nous fait plus que largement réfléchir sur notre place dans la société. Il pointe plus particulièrement sur l’influence et l’omniprésence des médias sur nos vie et, par riccochet, la quête permanente d’un « 15 minutes of fame » (enfin pour beaucoup). A vous de me dire…

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