Toy Story


J’ai longtemps hésité avant de publier ce post, et puis c’est un tweet de Peter qui a fini de me décider. Celui-ci évoque une vieille tradition selon laquelle les diplomates britanniques quittant leur poste se lâchaient dans une «lettre d’adieu». Loin de moi de prétendre aux fonctions diplomatiques, malheureusement, mais j’ai donc décidé de sortir de ma réserve coutumière pour expliquer les raisons du départ du job que j’assumais il y a encore quelques mois dans une boîte de « comm’».

Pour ma part, le synopsis du film est banal : un architecte se bat pendant des années pour monter la demeure des proprios et, le jour de l’inauguration, ceux-ci décident de donner les clefs à la décoratrice. Un classique du genre « vu dans une salle près de chez vous ».

Ce motif évident explique à lui seul la raison de mon départ. Mais à celle-ci s’en ajoutent d’autres qui sont sommes toutes assez simples et, sans vouloir être ironique, pourront paraître désormais traditionnelles au point de ne même plus s’en offusquer. L’incompétence managériale, la couardise décisionnelle, l’égoïsme de l’encadrement dédié exclusivement à sa survie personnelle et à son autopromotion, l’injustice et la perte des valeurs humaines ne surprennent plus personne. Ces actions sont même facilitées, ou amplifiées suivant le point de vue qu’on adopte, par une nébuleuse distante qui permet au « board » de se réfugier assez confortablement derrière des ordres lointains, souvent transatlantiques, et dictés par une obsession de croissance à deux chiffres. Par lassitude, nous sommes souvent tenus de prendre en compte ces attitudes de fait, et les considérer comme une part entière du job.

Toutefois, ce management « old generation » (en tout cas à l’aune de ce qui se profile actuellement) ne représente pas ce qu’aujourd’hui nous sommes en droit d’attendre d’un management moderne, à fortiori lorsque, comme moi, on a œuvré pour la mise en place de nouveaux flux de communication en entreprise qui impliquent des valeurs fortes comme l’honnêteté et la transparence. Ce n’est pas pour rien que ces trois dernières années je me suis battu pour une devise simple « respect et engagement », directement inspirée du surf et qui aura fait rire quelques amis américains lors d’une séance de coaching…

Je ne conseillerais que trop à mes anciens « boss » de lire cet article, avec lequel je suis parfaitement en phase et qui résume très bien l’encadrement dans une société en mutation vers un modèle 2.0.

Reste que j’ai un profond problème génétique avec la « trahison des amis de 20 ans ». Je ne sais pas, chez moi ça passe mal. Au bout de toutes ces années à bouffer des couleuvres à droite et à gauche, je devrais pourtant en faire mon affaire. Mais non, décidement, le mode Toy Story ce n’est pas trop mon truc. Donc exit, je tourne la page.

Heureusement tout n’est pas sombre malgré trois années et quelques à tirer une valise du sud vers le nord et inversement. Il me reste tout de même le goût d’une formidable aventure riche en enseignements, en paris gagnés, en visions confirmées et en nouvelles amitiés. Et ça…

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15 Réponses to “Toy Story”

  1. Tu connais mon point de vue sur cette sombre affaire… Je retiendrai surtout ta sincérité et ta générosité qui m’ont permis de passe une chouette année avec toi. Ce fut un plaisir et j’en ressors grandi !

    Transparence, notre job l’induit inévitablement et l’entreprise doit elle aussi devenir plus transparente. Rien de pire que ces bruits de couloir qui circulent en permanence et derrière tout le monde se cache…

    Quant au management de cette « boîte de comm » je crois qu’il n’est malheureusement pas prêt de changer…

    • Hello Miss. Merci pour ton petit message ! Et oui, le management n’est pas prêt de changer. L’obsession du « précieux » sans doute… En tout cas bon courage à toi pour les prochaines semaines !!! Tiens moi au courant. :-)

      Bises.

  2. Un grand virage s’impose… je suis dans la même situation…dos au mur…
    courage…

  3. oh oui, il faut positiver.
    En tirer le meilleur…!!! dans tous les cas je vais essayer…

  4. Olivier,
    un nouveau départ de nouvelles aventures. Pas trop se prendre la tête, rester soi même, je te connais , on se connait depuis pas mal d’années. Mon parcours ton parcours, rien de bien différent.
    What goes up must come down et inversement!
    Quand est-ce que tu viens apprendre à voler? Moi j’apprendrai bien à surfer.
    Eric.

    • Eric,
      Merci pour ton petit mot. Tu es la preuve vivante que les amis de 30 ans, ca existe !

      Et oui je suis total preneur pour un échange surf/vol libre. On va s’organiser…

      Bises,

  5. Waoh waoh waoh !!! C’est marrant comme les histoires se croisent… je me souviens encore des paroles de ma mère (« rest in peace mother ») qui me disait que les rencontrent (humaines) sont rarement faites de hasard… Ton post Olivier, m’a replongé dans mon histoire de vie professionnelle… Et figures-toi qu’elle ressemble (étrangement ?) par certains aspects à la tienne (c’est dingue que the Cat soit aussi dans la même embrouille !!).
    J’ai été diplômé de la St Martin College of London en 1992 (post graduate diploma communication design)… Quatre années de pure bonheur dans une ville extraordinaire où tout était possible pour peu que tu avais des idées ! En fait j’étais un piètre dessinateur mais j’adorais les collages et ma moitié de l’époque, jeune styliste anglaise, avait un stock de magazines énormissime et j’ adorais tuer le temps aux chiottes en les découpant histoire de faire des collages rigolos… Mais bon à force ça a commencé à plaire aux gens et je me suis vite retrouvé à faire des flyers, des pochettes de disque, des affiches… Bref retour à Panam en 95, deux tentatives infructueuses chez des top 5 de la com parisienne pour enfin tomber sur une bande de jeunes breton un peu timbrés qui m’adopte… Petite boîte de 50 personnes à l’époque… 20.000 aujourd’hui et côté au SRD !!! Ah oui la boîte en question : Number one des jeux vidéos en France… Studio Manager jusqu’en 2000, la boîte qui explose dans tous les sens du terme (vie sociale effrénée, plan de stocks à gogo, etc.)…
    Et puis en Avril 2000, on m’annonce que ma mère (résidant dans le Var) n’en avait plus que pour cinq mois à vivre ! Mais comment faire ? La boîte développe alors des filiales partout dans le monde et moi j’ose demander un congé sans solde de 6 mois pour le respect de la dignité de mon parent qui se bat contre la maladie !!!???
    Exit les soutiens que je pensais avoir ! Exit les pseudos amis qui ont fermés la porte de peur de craindre pour leur avenir !!!…
    Je crois que j’ai été (je le suis certainement encore un peu) d’une grande naïveté… Ceci dit j’ai su reconnaître mon incapacité à avoir les dents suffisamment longues pour évoluer dans ces sphères… Aujourd’hui j’ai un nouveau métier (infirmier), j’aime toujours autant la création, l’Art, mais je m’attache ou plutôt je cultive une certaine simplicité et finalement je pense être plus heureux et ceux même sans mon plan de stocks !!!!
    Les conseilleurs ne sont pas les payeurs Olivier, on ne se connait pas vraiment non plus, mais en te lisant depuis un certain temps je sens bien que t’es un mec bien… Je suis sûr que tu as pris la bonne décision et que d’autres portes s’ouvriront à toi… Les valeurs du surf sont des fondamentaux, elles sont tiennes… Just stick with it!

    • Joss,

      Ma foi pas grand chose à rajouter sur cette réponse qui m’a réellement touchée… Si, une chose : il va bien falloir qu’on se rencontre ! Nous nous étions loupés il y a deux ans lors de ta virée surf dans le Pays Basque. Si tu montes une expédition dans le SO, fais moi signe et ça sera un vrai plaisir. De mon côté je vais très très rarement dans ton coin. Mais va savoir…

      A bientôt (au moins virtuellement),

      O.

    • Je ne te connais pas mais ton histoire me touche… suis en début de carrière et je me rends bien compte que par rapport aux autres, je suis bien trop naïve et n’ai pas les dents assez longues.

      Alors j’avance, mais je ne m’accroche pas au taf. Je me dis que tout peut basculer d’un moment à l’autre et j’essai d’être prêt à me re-adapter rapidement si besoin. Malgrès tout, ça reste angoissant…

      Merci pour ton témoignage :)

  6. Alexandre Says:

    J’ai rien compris.

  7. es-tu dans le coin ????
    je pense partir surfer aujourd’hui…les prévisions sont pas mauvaises…

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