Short cuts


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Je m’étais promis de traiter ma rubrique livre avec régularité, au fil de l’eau, et puis finalement, je me retrouve avec une pile imposante d’aventures par procuration sur mon bureau (enfin juste à côté). Tout à commencé avec un prêtre totalement déjanté accompagné de son ours Belzèb. Et quelle folie entre ces deux là. Car a-t-on jamais vu réellement un ours servir la messe, repasser des chemises et se castagner avec des marins russes ? Et que dire d’un prêtre ayant perdu la foi, courant la gueuse, tâtant assidûment de la vodka pour finir alternativement dans les bras d’une navigatrice russe et d’une biologiste finlandaise ? Hein ? (Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen, Arto Paasilinna). Pour le coup, j’ai eu besoin de prendre un peu de hauteur et suis allé me réfugier dans les méandres de Bollywood, où j’ai eu l’occasion d’approcher d’un peu plus près les divinités du cinéma indien. Rien à voir avec le désormais célèbrissime Slumdog millionnaire (encore que). Cette toile ci, tramée sous le joug d’Ashok Banjara, est digne d’une tragédie grecque où les étoiles ne sont, finalement, que des vers de terre. Universalité étonnante qui me conforte dans le fait que les Dieux ne sont définitivement pas pour moi. (Show Business, Shashi Tharoor). Ensuite, et pour le simple plaisir de battre le record de Jules Vernes, j’ai parcouru le monde en à peine 48 heures, de la chine, aux faubourgs londoniens en passant par l’Afrique. Ce voyage express m’a fait découvrir que de simples petites différences culturelles peuvent accoucher de montagnes, souvent insurmontables. (Petits crimes dans un âge d’abondance, Matthew Kneale).
De là, j’ai décidé de rester un peu en Chine avec François Cheng. Dès le début, j’ai bien cru que je ne supporterai pas longtemps la compagnie de cet Académicien. Et puis, au fil du temps, je me suis laissé envoûter par cette aventure humaine extrêmement puissante, dont il m’a fallu plusieurs jours pour me remettre. (Le dit de Tianyi, François Chen). L’occasion était tentante pour foncer ensuite vers l’Australie pour une traversée étonnante, dure et peu conventionnelle de ce continent rouge. Loin des spots de surf mythiques et de la vie facile, mainte fois rêve, j’ai découvert une vie limite apocalyptique, des destinées torturées et un peuple aborigène sur le déclin mais toujours empreint de magie et de mystère. (Nullarbor, David Fauquemberg).
Sur ces entrefaites, j’ai survolé le pacifique pour m’installer durablement dans le nouveau monde. J’y ai tout d’abord croisé les « natives americans » au cours de quelques histoires simples et belles. Je garde en mémoire ces indiens tentant de survivre dans un monde moderne qui s’est construit autour d’eux et leurs tentatives d’intégration -souvent difficiles et cruelles- dans un système qui n’est pas le leur. Je conserve un souvenir tout particulier de Franck Snake Church.  (Dix petits indiens, Sherman Alexie). Plus au nord, mais à la frontière  canadienne cette fois-ci, j’ai croisé la route d’une bande d’indiens Makahs parfaitement hétéroclite. Rien ne prédestinait ces cinq là à s’engouffrer ensemble dans cette aventure rocambolesque (la chasse à la baleine), si ce n’est l’envie désespérée de retrouver leurs racines. Voilà une expédition pleine de rire, de nostalgie, d’incompréhensions, de folie pure et d’interrogation sur la place d’une civilisation en déclin dans un monde qui la dépasse. Fascinant. (L’Hiver indien, Frédéric Roux). Mais l’Amérique, c’est aussi les cowboys, la rudesse de leur vie et, par extension, des rapports masculins… sous toutes leurs formes. Ceux qui auront vu Le secret de Brokeback Mountain comprendrons, même si cet intermède qui se déroule dans les montagnes du Montana se décode avec beaucoup plus de finesse que le film d’Ang Lee. (Le pouvoir du chien, Thomas Savage). Mon épopée m’aura ensuite placé sur le chemin de Fay, une femme enfant en quête de bonheur dans une Amérique souvent (toujours ?) déboussolée. Cette fabuleuse ballade effectuée en compagnie de Larry Brown est sans nulle doute la dernière que nous faisons ensemble. RIP. (Fay, Larry Brown). Décompression oblige : direction L.A ! J’adore L.A, même si ça n’a pas toujours été le cas -il faut sans conteste plusieurs visites pour décoder la mégalopole californienne et en apprécier sa substantifique moelle. Là, j’ai eu le plaisir de frayer dans la sphère Hollywoodienne avec Kit Lightfoot, acteur bellâtre et bouddhiste, Becca, un sosie de Drew Barrymore et Lisanne, une paumée de première bourre amoureuse de Light qui se flingue la tête à coup de yoga. J’ai vraiment eu l’impression de me retrouver au beau milieu d’une histoire de Bret Easton Ellis. (Toujours L.A. Bruce Wagner). Ensuite, et parce que je suis fan de musique, j’ai croisé Harlan Eiffer. Ancien critique reconverti en manager… de l’extrême. Son but : maintenir de jeunes enfants à fort potentiel artistique dans un souffrance maximum afin qu’ils conservent toute leur créativité. (Torturez l’artiste !, Joey Goebel). Mon avant dernière étape me tient particulièrement à coeur. Accompagné des frère James (Jack et Ward), j’ai savouré un travail journalistique au fin fond de la Louisiane/Floride. Plusieurs semaines pour réaliser un travail d’enquête incroyablement minutieux et précis. Un journalisme d’investigation que plus aucun journal n’est aujourd’hui en mesure de s’offrir tant la pression du temps réel est implacable. (Paperboy, Pete Dexer).
Et mon voyage s’est terminé de façon bien étrange sur la route… (La route, Cormac McCarthy).
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