Un beau prétexte


La semaine dernière, à la fin d’une journée duraille et au début d’une soirée aux perspectives tristouille, je me suis auto-propulsé dans une grande chaîne de distribution culturelle* afin de trouver un bouquin. Me voici donc à hésiter devant une ribambelle d’ouvrages lorsque je tombe sur Guide de Mongolie de Svetislav Basara. La quatrième de couv laissait présager un bon moment de rigolade. Et je n’ai pas été déçu. Mais ce que n’indiquait pas le résumé du livre (ou mal en tout cas) c’est la profondeur du bonhomme. Car ce voyage en Mongolie n’est finalement qu’un pretexte – un rêve, officiellement selon l’auteur – qui nous conduit directement dans la chambre de Basara afin d’y découvrir une vision totalement cynique de notre univers, à la limite d’un Cioran dans ses pires – meilleurs ? – moments. De façon détournée et banale, un peu comme dans Les ïles de Jean Grenier (que je ne conseillerais jamais assez), Basara nous embarque dans une histoire, ou un délire pour être plus précis dans ce cas, qui nous force à voir au delà des choses. Une très très bonne surprise.

PS : La maison d’édition a poussé le bouchon un peu loin avec Guide de Mongolie. L’opus qui ne fait que 128 pages est vendu au même tarif que ceux dépassant allègrement le quadruple. Tant mieux pour Basara (qui verra ainsi augmenter de façon substantielle ses royalties. Il les mérite plus que largement) mais mince, il est difficile de comprendre ce ratio “poids papier/prix” légèrement abusif.

* Dans la mesure du possible, je m’efforce de ne jamais citer les noms ou les marques d’entreprises. Je ne tiens aucunement à faire de la publicité pour des groupes qui nous imposent déjà plusieurs centaines de fois par jour leur logo et leur nom. Je trouve passablement dingue le fait que beaucoup continuent à payer, par exemple, des TShirts ou autres produits pseudo branchés à des prix exorbitants, et qu’en plus ils assument avec joie un rôle d’homme sandwich (dans je cas, j’accepte volontier d’être gratieusement équipé). Je sais que le retour à la notion de tribu est une valeur forte dans une période où la notion d’individu s’estompe, mais tout de même, il y a des limites.

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